lundi 19 mars 2007

Mary vs le Darwinisme social

Un emploi comme un autre, je me suis donné le droit de prendre un an pour oublier de foncer, un an pour faire une pause. Après m’être filé, none stop, de la maternelle à la fin du Bacc je trouvais que le temps était venu d’arrêter de penser un peu. Résultat, j’ai l’impression de sombrer. Au lieu de prendre vraiment le tout comme un congé ou comme une expérience d’humilité (j’ai une jobine stupide et un peu débilisante de vendeuse, disons que ça aide à mettre certaines choses en perspective) je suis plongé dans une crise d’angoisse ma foi…INTENSE… Vais-je réussir à faire quelque chose de constructif de ma vie ? Est-ce que je veux faire quelque chose de constructif ? Suis-je une adulte productive contribuant activement au système économique canadien? Ça tourne carré dans ma tête tout en, biensùr, coordonnant des tapis de bains avec la parfaite petit poubelle qui va tellement bien dans votre nouvelle salle de bain fraîchement rénové. Un cadeau pour votre maman avec ça?

En fait, outre la crise d’angoisse, je suis constamment plongé dans la foule. Il y a des gens autour de moi, toujours, tout le temps. Je devrais me concentrer sur ma petit personne mais à la place je rempli consciencieusement tout l’espace de gens. Des clients (es), des étudiants (es), des fréquentation (moderne ou petit), des amis (c’est pas vrai ça.. les copains vous êtes nécessaires au bon fonctionnement de mon cerveau, vous êtes complémentaire à mon guide alimentaire canadien! Autant toi mon artiste, ma Marie, Coloc et mon illustrateur préféré). Le point étant que je suis constamment en contact avec des individus… je n’ai pas l’impression d’être particulièrement agréable avec eux … mais ils m’aiment bien. C’est un peu comme des enfants qui me courent après et qui décident qu’ils m’aiment bien juste comme ça. Il me semble qu’il n’y a pas très longtemps (pendant que j’étais intellectuellement stimulé par mes études) les êtres humains m’ignoraient ou bien ne me trouvaient pas particulièrement sympathique. Mais maintenant que je suis pauvre de l’esprit et un peu blonde sur les bords (écoutez pas ça les cheveux moi je vous aime bien roux, changez surtout pas sans m’avertir!) les «genses» (lire les gences) m’apprécient. J’ai un client (pas un de la boutique mais un à moi…oui oui j’ai peut-être un pieds prêts à se mettre en travers de la porte d’une nouvelle profession en gérance d’artistes) qui m’est apparu comme ça. Les clients de la boutique demandent à se faire servir par moi, il y en a même une qui m’a offert un cadeau et le café à côté de ma job m’offre mon café gratuit le matin… Donc c’est officiel la bibitte humaine une fois mise dans un contexte de groupe est attiré par l’élément le plus angoissé,névrosé et émotionnellement instable du lot… de plus notre société prône la médiocrité et vénère la légèreté de l’esprit. Il n’y a donc aucune question à se poser alors sur le faible taux de natalité au Québec … le darwinisme social c’est effondré, ce n’est pas avec des névrosés que l’on va faire des enfants équilibrés.

Et toi, Petit Homme fait tu partis des bibittes humaines qui s’attachent à l’individu un peu instable et angoissé? Au fait , Petit Homme où es-tu?

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