vendredi 30 janvier 2009

Il

Je me suis battu comme j'ai pu.
J'ai utilisé toutes les armes que j'avais a ma disposition et usé de toutes les ruses.
Je suis même allé jusqu'à user de chantage et d'autosuggestion.
J'ai porté une solide armure qui apparemment n'était pas sans failles.

Je suis certaine qu'il m'a traqué des jours durant.
Jusqu'à ce qu'il perçoive l'étincelle un peu ternie dans mon regard flétri.
Le brin de fatigue dans mon champ de bonne volonté.
Malgré ma rigueur, ma vaillance et surtout mes instincts de paranoïaque chronique il m'a pris de court.

Le traître, il m'a pris par surprise.
Tonya Harding c'est de la petite bière à côté de lui et de se qu'il est capable de faire.
Il m'a attaqué au réveil, il ne m'a même pas laissé le temps de prendre un café.
C'est la preuve qu'il me connaît sur le bout des doigts, il détient de l'information au sujet de mes faiblesses.

Rien n'y fait, sans mon café et mes lunettes je ne suis bonne à rien.

Aussitôt que j'ai entendu les premières notes que mon réveil matin a laissé échapper il m'a cloué au lit par un mal de tête immense. J'ai tenté de me débattre mais il a répliqué par une congestion nasale s'apparentant à un anévrisme ( mon cerveau est hors jeu depuis). J'ai paré le coup avec un verre de jus d'orange et un supplément vitaminé mais à se moment il s'est déchaîné avec un mal de gorge, cousin germain de la sensation d'avaler une pellotte d'épingles. Il m'a roué de coups et de courbatures et m'a enfermé chez moi. Depuis, je suis menotté à une boîte de mouchoir et à une bouteille de Tylenol. Mes compagnons d'infortune sont quelques capsules d'échinacé, un bol de soupe et un Super Amoureux.


Il m'a eu sur toute la ligne, me laissant croire que j'étais invulnérable durant des semaines pour enfin me prendre à bras le corps et me laisser, presque sans vie, gisante dans une mer de mouchoirs en petites boules.

Un jour, je t'aurai, Virus, j'en fait la promesse solennelle.
Une année complète sans voir le bout de ton nez, croix de bois, croix de fer.
J'y arriverai ! Je m'affranchirai et ne vivrai plus dans la peur de tes représailles.

samedi 17 janvier 2009

Hibernation

Malgré les apparences je suis très près de la nature, assez près pour que mon comportement en porte la trace . Je sais faire preuve d'humilité et j'admets sans rougir que certaines de mes actions ne sont en fait que des réflexes innés remontant à nos ancêtres et désormais cousins les animaux. Je porte donc fièrement le flambeau afin de faire en sorte que certaines traditions ne se perdent pas. C'est pourquoi j'hiberne tous les ans et ce, sans exception.

Certains, par jalousie ou peut-être seulement par ignorance, diront que je suis matante ou même que j'ai le métabolisme d'un enfant de 2 ans mais je soutiens qu'il s'agit d'un réflexe de préservation de l'espèce durant une période de manque. Car, oui, l'hiver Québécois est une période de manque; manque de soleil, de vitamine D, de festivals, de terrasses, de BBQ, de pic-nic et surtout manque d'opportunité pour porter mes chaussures et mes sandales. Mais le pire demeure encore le manque d'originalité, imaginez porter le même manteau jour après jour, non mais quelle tristesse.

Pour se distraire l'homme a inventé Noël afin de mettre un peu de gaieté dans le coeur des familles et la St-Valentin pour ramener un peu de chaleur dans le foyer des couples. Mais soyons honnête, ce ne sont pas 2 fêtes commerciales qui viendront à bout de l'envie de mourir que provoque 2 mètres de neiges et la perte de 30 degré au thermomètre.

Alors que reste t-il à faire ... DORMIR ! En effet, la fin de semaine je dors, mange et retourne faire une sieste. La semaine je dors, travail, mange, rêve de faire une sieste et finalement de retour à la maison ; je m'écroule de sommeil à 8h30 pm.

J'entends encore de mauvaises langues dirent qu'il existe aussi les sports d'hiver mais la la la la la la la la la la la je ne vous entends plus, désolé. La la la la la la la, z z z.


mardi 13 janvier 2009

Sur le fil

Aujourd'hui, il fait un froid canard. Niché dans mon 3e étage je ne vois que du ciel bleu, clair, glacé et le stade. Chez moi, le stade il est à l'ouest. En fait, il y a aussi un gros pigeon, sur un fil, qui me regarde. A croire qu'il a conscience de ma présence, moi, l'autre côté de la vitre, les pieds dans le calorifère. Café en main, je le défi du regard, lui, le plumage gonflé et la mine renfrogné, non en fait l'air résigné. La neige sur les toits pourrait passer pour du glaçage. Triplex et duplex transformés en pièces montées prêtes a être mangé. Par contre, il ne faut pas succomber à la tentation, sous risque de se casser une dent. Tout est tellement gelé dur et en plus tout ce beau paysage a un goût salé.Il me regarde toujours, malgré le grand balai de déneigement qui se déroule sous lui. Camions bene, souffleuses, chenillettes font des entrechats afin d'effacer la trace de la dernière tempête. Les trottoirs auront une cure de rajeunissement mais les toits eux ne mentent pas. Il y en a des tas, de la neige, des piles et des piles. Sans quoi, monsieur Pigeon se ferait dorer sur les toitures avec ce soleil de plomb mais pour le moment la seule place qu'il a trouvé pour se réfugier c'est le fil devant ma fenêtre. On se regarde. Lui attendant le printemps, moi attendant mon printemps. Je suis épuisé, je retourne me coucher.
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Ce soir, il vente a écorner les bœufs. Les vitres de mon 3e étage frémissent à chaque bourrasque. Je ne vois que du ciel noir, de la neige tombant parfois verticalement parfois horizontalement et le stade. Chez moi, le stade il est a l'ouest. Sur le fil devant ma fenêtre il n'y a pas de pigeon pour me dévisager. Tisane à la main, les pieds dans le calorifère je n'ai que la neige à défier du regard et les toitures l'air sucré. Le printemps du pigeon n'est pas près d'arriver, j'espère qu'il s'est trouvé un autre regard pour le réchauffer. Par contre, mon printemps, lui, pointe le bout de son nez. Mes doigts lentement semblent se délier. J'ai finis d'hiberner, car oui j'hibernais mais je vous l'expliquerai la prochaine fois.