mardi 13 janvier 2009

Sur le fil

Aujourd'hui, il fait un froid canard. Niché dans mon 3e étage je ne vois que du ciel bleu, clair, glacé et le stade. Chez moi, le stade il est à l'ouest. En fait, il y a aussi un gros pigeon, sur un fil, qui me regarde. A croire qu'il a conscience de ma présence, moi, l'autre côté de la vitre, les pieds dans le calorifère. Café en main, je le défi du regard, lui, le plumage gonflé et la mine renfrogné, non en fait l'air résigné. La neige sur les toits pourrait passer pour du glaçage. Triplex et duplex transformés en pièces montées prêtes a être mangé. Par contre, il ne faut pas succomber à la tentation, sous risque de se casser une dent. Tout est tellement gelé dur et en plus tout ce beau paysage a un goût salé.Il me regarde toujours, malgré le grand balai de déneigement qui se déroule sous lui. Camions bene, souffleuses, chenillettes font des entrechats afin d'effacer la trace de la dernière tempête. Les trottoirs auront une cure de rajeunissement mais les toits eux ne mentent pas. Il y en a des tas, de la neige, des piles et des piles. Sans quoi, monsieur Pigeon se ferait dorer sur les toitures avec ce soleil de plomb mais pour le moment la seule place qu'il a trouvé pour se réfugier c'est le fil devant ma fenêtre. On se regarde. Lui attendant le printemps, moi attendant mon printemps. Je suis épuisé, je retourne me coucher.
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Ce soir, il vente a écorner les bœufs. Les vitres de mon 3e étage frémissent à chaque bourrasque. Je ne vois que du ciel noir, de la neige tombant parfois verticalement parfois horizontalement et le stade. Chez moi, le stade il est a l'ouest. Sur le fil devant ma fenêtre il n'y a pas de pigeon pour me dévisager. Tisane à la main, les pieds dans le calorifère je n'ai que la neige à défier du regard et les toitures l'air sucré. Le printemps du pigeon n'est pas près d'arriver, j'espère qu'il s'est trouvé un autre regard pour le réchauffer. Par contre, mon printemps, lui, pointe le bout de son nez. Mes doigts lentement semblent se délier. J'ai finis d'hiberner, car oui j'hibernais mais je vous l'expliquerai la prochaine fois.

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